Angoulême a deux économies qui ne se ressemblent pas : une industrie ancienne et capitalistique — papier, carton, emballage, spiritueux — et une filière image et animation construite depuis les années quatre-vingt-dix. L'une produit des tonnes, l'autre des droits.
Les deux partagent pourtant un même problème : une production documentaire abondante — spécifications techniques d'un côté, contrats et documents de production de l'autre — qui n'est jamais réexploitée après le projet ou la campagne qui l'a générée.
Un studio d'animation angoumoisin, soixante permanents et un volant d'intermittents, coproduit des séries diffusées dans plusieurs pays. Un diffuseur étranger demande une extension d'exploitation sur une série livrée il y a cinq ans.
Pour répondre, la direction doit vérifier ce qui a été cédé et à qui : la convention de coproduction, les contrats d'auteur des scénaristes et des graphistes, les cessions de droits musicaux, les accords de distribution territoriaux. Une série mobilise facilement plusieurs dizaines de contrats individuels.
Ces contrats existent, signés et archivés. Mais ils ne sont pas interrogeables : ce sont des PDF scannés, classés par nom de collaborateur, dans un dossier par production. Vérifier si les droits musicaux couvrent la diffusion en streaming sur le territoire concerné suppose d'ouvrir les contrats un par un.
Un assistant IA capable de lire les documents scannés — la reconnaissance optique de caractères est indispensable ici — rend ce fonds interrogeable : « Les contrats d'auteur de cette série couvrent-ils une exploitation en streaming hors Union européenne ? », « Quelle est la durée de cession des droits musicaux ? ». Les réponses citent le contrat et la clause.
La question passe de trois semaines de vérification juridique à une journée. Sur un marché où les fenêtres d'exploitation se négocient vite, la capacité à répondre rapidement a une valeur commerciale directe.
Angoulême dispose d'un écosystème créatif structuré autour de Magelis, avec des compétences numériques disponibles localement, et d'un tissu industriel accompagné par les réseaux consulaires charentais et les dispositifs régionaux.
Pour toute entreprise dont les archives sont majoritairement scannées — ce qui est le cas de la plupart des fonds contractuels anciens — la capacité de l'assistant à traiter l'image et non seulement le texte natif est le critère de choix décisif. Sans OCR, la moitié du corpus reste invisible.